Détourner les plastiques agricoles de la poubelle… ou des marchés asiatiques

Détourner les plastiques agricoles de la poubelle… ou des marchés asiatiques

22 juin 2015

Un autre champ de recherche pour le CISA

VICTORIAVILLE. Comment favoriser, stimuler et améliorer la collecte des plastiques agricoles d’enrobage? Pourraient-ils, un jour, être recyclés dans une usine sylvifranche, québécoise tout au moins, plutôt que de prendre le chemin de la Chine?

Le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du cégep de Victoriaville a organisé, lundi, un atelier de réflexion sur ce sujet, attirant une trentaine de personnes à la salle municipale de Saint-Valère.

Autour des tables de discussions se trouvaient des gens des municipalités, des agriculteurs, des représentants de Gaudreau Environnement, de Gesterra, de la Coop des Bois-Francs, de l’UPA tous collaborateurs au CISA pour ce projet. Recyc-Québec était également représenté.

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La chargée de projet, Sandrine Ducruc, a campé le contexte en expliquant que la collecte de ces matières plastiques – qui servent notamment à enrober le foin d’ensilage – se frotte à certaines résistances.

D’abord, la collecte de ces plastiques nécessite qu’on les nettoie ou qu’on les secoue avant de les compresser dans un autre grand sac de plastique que l’on place dans un bac vert.

Et c’est d’ailleurs parce qu’ils sont «sales» qu’une usine comme Plastiques Cascades Re-Plast ne veut pas les transformer en planches ou en mobilier urbain dans son usine de Notre-Dame-du-Bon-Conseil.

«Il n’existe aucune usine au Québec qui transforme ces plastiques. C’est pourquoi ils sont vendus sur les marchés asiatiques», note Mme Ducruc.

Elle énumère les autres contraintes à la collecte.

Les producteurs doivent acheter les sacs (95 $ pour un rouleau de 50 sacs) pour y mettre leurs plastiques d’ensilage et payer des frais annuels de 80 $ pour la location du deuxième bac vert et pour la collecte, explique encore Mme Ducruc.

Les manipulations et les coûts peuvent grimper rapidement pour les grandes fermes d’élevage, comme il en existe plusieurs dans la région de Victoriaville, note-t-elle encore.

S’ils ne sont pas récupérés, ces plastiques sont brûlés dégageant des toxines ou enfouis, «ce qui augmente la facture des municipalités qui paient à la tonne», précise la chargée de projet.

Ces «contraintes» elle les a circonscrites à la suite de rencontres avec des agriculteurs, de discussions de groupes, de visites au Centre de tri et dans certaines municipalités rurales.

Elle a également constaté que le manque d’information n’avait rien pour stimuler la collecte. Elle admet qu’il n’existe pas de portrait quantitatif de la participation des agriculteurs à la collecte des plastiques d’enrobage. D’ailleurs, elle n’est pas offerte partout au Québec comme elle l’est ici depuis au moins une dizaine d’années.

Elle ajoute que le recyclage de ces produits ne s’inscrit pas, par ailleurs, en haut de la liste des sujets de préoccupation du gouvernement, comme ont pu l’être les matières dangereuses et le matériel électronique qu’on veut détourner de l’enfouissement.

Toujours selon la chargée de projet, il y aurait certainement moyen de recycler ces matières. «Ces plastiques ont une bonne valeur. Pour qu’une usine puisse les transformer, il lui faudrait pouvoir miser sur du volume.»

Et pour augmenter le volume, on devra améliorer et faciliter la collecte. Le fait de savoir que de récupérer leurs plastiques crée des emplois et de nouveaux produits contribuerait à stimuler les producteurs, d’autant plus si des redevances compensent leurs efforts, laisse entendre Sandrine Ducruc.

On n’en est pas là encore et l’atelier de réflexion constituait la première étape en vue de créer, dans la MRC d’Arthabaska, un projet pilote de collecte.

On peut obtenir plus d’informations auprès de Sandrine Ducruc qu’on peut joindre au téléphone (819 758-6401, poste 2365) ou par courriel (ducruc.sandrine@cegepvicto.ca).

Quelques données *

6257 tonnes La consommation annuelle estimée de plastiques agricoles.

65% Le pourcentage de ces plastiques servant à l’ensilage des plantes fourragères.

*Ces données sont tirées du document de présentation du projet pilote du CISA

Source : http://www.lanouvelle.net/Actualites/2015-06-22/article-4190800/Detourner-les-plastiques-agricoles-de-la-poubelle%26hellip%3B-ou-des-marches-asiatiques/1

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