Transfert non apparenté : sources de succès

Transfert non apparenté : sources de succès

16 août 2016

Par Céline Normandin, Coopérateur

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Crédit photo : iStock

Faire un transfert familial n’est pas une mince tâche. Imaginez alors un transfert mettant en cause deux inconnus! La solution? Ne pas se précipiter et choisir le meilleur partenaire, selon ses valeurs.

Au cours d’une étude sur le transfert de fermes où la relève n’est pas familiale, le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville a identifié plusieurs facteurs de succès rattachés à la démarche.

Pour Lucie Veillette, responsable de la recherche du CISA, les facteurs humains se trouvent au premier plan des conditions de réussite des transferts non apparentés. C’est à ce constat qu’elle est arrivée après avoir étudié une trentaine de cas avec son équipe. Une de ses recommandations s’adresse aux cédants. Elle leur recommande d’amorcer leur réflexion sur le transfert plusieurs années avant la date envisagée pour la retraite, afin d’éviter les situations motivées par l’urgence d’agir.

« Plusieurs essais peuvent être nécessaires avant de trouver le bon repreneur, ce qui implique de s’y prendre d’avance afin de pouvoir reprendre le processus si le candidat n’est pas satisfaisant », ajoute la chercheure.

Des aspects liés au milieu de vie et au cadre de vie sont aussi très importants lorsqu’il est question de jumeler repreneur et cédant autour d’un transfert non apparenté. En agriculture, les sphères personnelle, familiale et professionnelle sont intimement liées. Le lieu de résidence des repreneurs et des cédants, pendant et après le transfert, est donc un aspect à bien préciser, d’autant plus qu’il peut faire intervenir des questions de zonage agricole.

Plusieurs repreneurs en quête d’une ferme attachent ainsi une grande importance à la localisation de leur entreprise, et cela va beaucoup plus loin que les conditions agroclimatiques, les bâtiments et les actifs disponibles, ou encore l’environnement d’affaires. Pour les jeunes familles, le dynamisme de la communauté d’accueil, ainsi que les infrastructures et services de proximité – telles les école, garderie, épicerie, station-service, institution financière – arrivent en tête de liste de leurs préoccupations. Cet aspect doit donc être inclus dès le début des discussions, avant d’aller plus loin dans l’analyse des autres dimensions.

La recherche réalisée au CISA en arrive donc à ce constat : bien que les aspects technico-économiques, financiers, fiscaux et juridiques soient importants, ils ne sont pas les principaux éléments en cause dans les échecs des démarches. Ces éléments concernent l’entreprise et les projets, mais sont influencés par les individus qui les portent. Par exemple, le cédant doit réaliser que le repreneur peut avoir une influence bénéfique pour l’entreprise en exploitant différemment, en mettant en valeur des potentiels inexplorés ou en tirant avantage d’expériences acquises ailleurs et dans d’autres domaines.

Plusieurs autres éléments pourraient aussi augmenter les chances de succès, fait valoir Mme Veillette. Elle mentionne l’importance d’une banque de terres et de fermes à l’échelle provinciale. Dans ce cas, l’accompagnement pour le jumelage des repreneurs et cédants peut accélérer les démarches et faire la différence entre l’échec et la réussite.

La chercheure aimerait aussi voir en place une fiscalité qui encouragerait les cédants à transférer plutôt qu’à démanteler, ainsi que des mesures facilitant l’accès à la terre pour la relève. Elle mentionne d’ailleurs l’importance de renverser le mouvement de déclin des territoires ruraux et agricoles. « Faciliter la reprise d’entreprise, c’est aussi encourager la vitalité agricole et, par conséquent, des régions dynamiques et vivantes. »

Source: Transfert non apparenté : sources de succès

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