Un laboratoire vivant lancé pour la valorisation des terres agricoles abandonnées

12 mars 2018

Le Centre d’innovation sociale en agriculture et le professeur en développement social et territorial de l’UQAR, Mario Handfield, initient un projet de laboratoire vivant pour la valorisation des terres agricoles abandonnées au Bas-Saint-Laurent.

47 image principale
Mario Handfield, à gauche, et une partie des participants à la rencontre de ce matin. ©Photo TC Media – Alexandre D’Astous

Une première rencontre des acteurs de la scène agricole, sociale et économique bas-laurentienne a eu lieu ce jeudi matin à l’UQAR. Parmi la vingtaine de personnes présentes, il y avait des représentants du MAPAQ, de l’UPA, de la Coop Purdel, de la Table de concertation bioalimentaire du Bas-Saint-Laurent, des Saveurs du Bas-Saint-Laurent, de la SOPER, de COSMOSS et des agents de développement des MRC.

Une partie des participants à la rencontre à l’UQAR. ©Photo TC Media – Alexandre D’Astous

Tous se sont dit intéressés par la démarche qu’ils trouvent intéressante. Des projets sont déjà en cours pour valoriser les terres en friche dans la région et ils pourraient s’inscrire dans cette nouvelle démarche. Des rencontres sont prévues sont peu avec les responsables de projet en cours dans les MRC de la Mitis et des Basques. « Dans la Mitis, la municipalité de Sainte-Jeanne-d’Arc a été ciblée. Des propriétaires de terres sont intéressés à s’impliquer pour la remise en opération. Dans les Basques, on parle de production, transformation et commercialisation de petits fruits, notamment la noisette», indique M. Handfield.

L’objectif du projet est de vitaliser les territoires par la remise en exploitation des terres agricoles marginales. « Nous voulons identifier les facteurs favorables à la remise en exploitation des terres dévitalisées. Le moyen pour y arriver est la production d’un outil d’accompagnement en soutien à la remise en exploitation des terres adressé aux acteurs des territoires soucieux de cet enjeu. Nous allons identifier des scénarios adaptés aux réalités locales visant la remise en exploitation de parcelles de terres dévitalisées, bonifier les scénarios sur la base des expérimentations existantes et contribuer à l’expérimentation de trois laboratoires ouverts sur la base d’un modèle participatif coopératif impliquant les acteurs de la chaîne de valeur agricole et agroalimentaire», précise M. Handfield.

Les laboratoires se trouveront au Bas-Saint-Laurent (Mitis et Basques) et au Centre-du-Québec.

Retour à la liste

Vers de nouveaux outils pour faciliter l’agriculture au féminin : Le CISA mène un projet de recherche et lance un appel aux femmes

25 août 2017

Un projet de recherche est en cours en lien avec l'agriculture au féminin.
Un projet de recherche est en cours en lien avec l’agriculture au féminin.

Le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville entreprend un projet de recherche devant permettre le développement de services adaptés, d’outils d’accompagnement pour faciliter la vie aux agricultrices et soutenir celles qui souhaitent la mise sur pied d’un projet collectif en agriculture.

Et le contexte s’y prête bien : la pérennité des entreprises agricoles constitue un enjeu préoccupant, la relève agricole fait face à d’importants défis et le nombre de femmes en agriculture connaît une tendance à la hausse.

Pour effectuer cette recherche échelonnée sur une année, le CISA a besoin de la participation des femmes, d’où son invitation à participer à des groupes de discussions portant sur les enjeux et les défis spécifiques aux femmes en agriculture. On lance l’invitation à des femmes de tous âges et de parcours différents de toute la région du Centre-du-Québec.

Les chercheuses Marie-Joëlle Brassard, Émilie Viau-Drouin et Lucie Veillette
Les chercheuses Marie-Joëlle Brassard, Émilie Viau-Drouin et Lucie Veillette

«Nous voulons documenter leur réalité», souligne Marie-Joëlle Brassard, chercheuse au CISA.

Avec son projet de recherche, le CISA part d’une hypothèse de base, à savoir que les femmes font les choses différemment. «Mais elles n’ont pas nécessairement l’environnement et le soutien pour faire différemment. On veut en arriver à identifier les conditions différentes, à dessiner le portrait de ces femmes pour en arriver à identifier leurs besoins et déboucher sur des services adaptés au travail des agricultrices», indique Marie-Joëlle Brassard.

Parce que les femmes se font plus nombreuses en agriculture. «On constate que leur nombre augmente, surtout depuis 2004-2005», mentionne la chargée du projet et chercheuse, Lucie Veillette du CISA.

Le projet vise à développer des outils pour faciliter l'intégration des femmes en agriculture.
Le projet vise à développer des outils pour faciliter l’intégration des femmes en agriculture.

Des statistiques du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) révèlent qu’en 2008, dans la province, 24 915 femmes détenaient des parts d’une entreprise agricole ou étaient la conjointe d’un agriculteur.

Depuis 2006, près d’un établissement en agriculture sur trois a été réalisé par une femme.

 «On remarque aussi une hausse des inscriptions féminines dans les instituts de techniques agricoles. De plus, les petites productions sont de plus en plus populaires et accessibles», note Émilie Viau-Drouin, elle-même productrice, et embauchée par le CISA dans ce projet de recherche.

«Au travers ce projet qui va aider les femmes à intégrer le milieu agricole, je pense qu’on verra des petits clins d’œil au fait que l’entrepreneuriat collectif a de grands avantages, surtout pour les réalités des femmes en agriculture», souligne Émilie Viau-Drouin.

On observe également que les femmes adoptent plus souvent un parcours d’établissement non familial. «Les femmes sont plus nombreuses à suivre un tel parcours par un démarrage ou une reprise d’entreprise existante, souligne Lucie Veillette. Le mode d’établissement a évolué. Jadis, l’agriculteur trouvait la relève chez ses enfants. Aujourd’hui, on remarque plein de jeunes qui sont à la recherche d’une ferme où s’installer par une location, un démarrage, une reprise ou un transfert.»

Une hypothèse qu’élabore le CISA veut qu’un modèle collectif d’entrepreneuriat, comme une coopérative ou un organisme sans but lucratif, peut être une voie de mise en commun pour le développement de services aux agricultrices.
«La relève agricole, elle existe, soutient Lucie Veillette. Le défi demeure l’accès à la terre et au financement, d’où l’idée de trouver de nouveaux modes d’établissement collectif pour essayer de faciliter les choses.»

Groupes de discussions

Le CISA, pour sa recherche, vise une trentaine de participantes. «En recherche sociale, nous n’avons pas besoin de beaucoup de gens, mais nous devons les écouter comme il faut», explique Mme Brassard.
Ainsi, les chercheuses visent à réunir une trentaine de femmes. «Nous ferons trois groupes de discussions. Tout s’effectuera de façon originale, conviviale. Notre méthode d’approche pour la collecte de données permettra aux femmes de s’exprimer plus librement et de réfléchir sur leurs conditions et leur mode de vie», ajoute-t-elle.

Un premier groupe se réunira le 5 septembre. On recherche des participantes pour les deux autres groupes. Les intéressées doivent se manifester le plus tôt possible à Lucie Veillette au 819 758-6401, poste 2366 ou par courriel à veillette.lucie@cegepvicto.ca.

Les femmes, qui le souhaiteraient, pourraient être rencontrées sur une base individuelle par les chercheuses.
«Ce qu’on veut, note Lucie, c’est une perspective intergénérationnelle. Pouvoir interroger des femmes de tous les âges et de différents parcours, les amener à discuter ensemble, à connaître ce qu’elles diraient à la génération suivante pour améliorer les choses, faciliter la reconnaissance des femmes agricultrices.»
L’apport des jeunes revêt aussi son importance. «Ça nous prend des jeunes qui arrivent, ceux qui ne sont pas encore établis pour qu’ils nous fassent savoir leur perception du domaine, leurs rêves également», signale Marie-Joëlle Brassard.

Autres étapes

Une fois terminée l’étape des groupes de discussions, les intervenantes analyseront le tout, produiront un rapport.
Et elles tiendront un séminaire et un forum. «Le séminaire, d’ici la fin de l’automne, réunira les participantes pour présenter les données recueillies et valider les pistes de solution», indique Lucie Veillette.

Un forum suivra au début de l’hiver, un événement d’envergure provincial regroupant les différents partenaires.

Les trois intervenantes tendent la perche aux femmes pour participer à des groupes de discussions
Les trois intervenantes tendent la perche aux femmes pour participer à des groupes de discussions

Parce que ce projet de recherche, financé par le Secrétariat à la condition féminine, compte, en plus de nombreux collaborateurs, des partenaires que sont le Pôle d’économie sociale du Centre-du-Québec, la Table de concertation du mouvement des femmes du Centre-du-Québec et Territoires innovants en économie sociale et solidaire.

Au bout du processus, les instigateurs du projet souhaitent voir les fruits de ce travail rejaillir ici comme ailleurs. «L’idée, c’est de faire en sorte que ce qu’on développera comme services ou outils au Centre-du-Québec puisse servir aussi dans d’autres régions», conclut Émilie Viau-Drouin.

Retour à la liste

L’Arterre: un nouveau service d’accès à la relève agricole

1 décembre 2016

Victoriaville, le 1er décembre 2016 – Le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville se réjouit de l’annonce du gouvernement du Québec concernant l’attribution d’une aide financière de 300 000 $ pour la mise en place de L’Arterre, un nouveau service provincial d’accompagnement au jumelage, au démarrage et au transfert d’entreprises agricoles.  Ce service permettra de mettre en relation des jeunes de la relève avec des producteurs agricoles qui souhaitent céder leur entreprise ou des propriétaires désirant louer ou vendre leurs terres agricoles.

L’Arterre est issue de la mise en commun de deux initiatives : Banque de fermes, créée par le CISA et Banque de terres, initiée par la MRC Brome-Missisquoi. C’est le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) qui assumera désormais la coordination provinciale du projet, en appui aux agents de maillage des territoires.

Depuis trois ans, le CISA conduit des recherches sur le transfert d’entreprise agricole à une relève qui n’est pas issue de la famille du cédant. Il s’applique à identifier les conditions de réussite de ces démarches, expérimente de nouveaux modèles d’accompagnement des agriculteurs et recherche des modèles novateurs de reprise et de transfert. Monsieur Simon Dugré, coordonnateur du CISA, souligne que le CISA mène actuellement un projet de recherche appliquée qui vise à offrir du mentorat aux repreneurs et aux cédants impliqués ou en voie de l’être dans des démarches de transfert. Les personnes souhaitant participer à ce projet sont priées de contacter madame Lucie Veillette au 819 758-6401 poste 2366.

En terminant, mentionnons que le CISA est l’un des trois centres collégiaux de transfert de technologie du Cégep de Victoriaville. Ses activités visent à générer des résultats ayant une pertinence pratique pour le secteur agroalimentaire et pour la société.  Par des projets structurants, le CISA facilite la création de valeurs ajoutées à l’ensemble de la filière agricole au bénéfice des producteurs, des entreprises, des territoires et des sociétés. Les services du CISA se déclinent à travers la recherche appliquée, la formation, le transfert de connaissances, l’aide technique et l’éducation citoyenne.

De gauche à droite: M. Francis Dorion, DGA/Directeur Gestion du territoire, MRC Brome-Missisquoi; Mme Leslie Carbonneau, Agente de la banque de terres, MRC Brome-Missisquoi; M. Pierre Paradis, Ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation; Mme Brigitte Dumont, Directrice générale du CRAAQ; Mme Michèle Lalancette, Présidente de la FRAQ; M. Simon Dugré, Coordonnateur du CISA et Mme Lucie Veillette, Chargée de projet et chercheure au CISA. Crédit photo: Éric Labonté, MAPAQ.
De gauche à droite: M. Francis Dorion, DGA/Directeur Gestion du territoire, MRC Brome-Missisquoi; Mme Leslie Carbonneau, Agente de la banque de terres, MRC Brome-Missisquoi; M. Pierre Paradis, Ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation; Mme Brigitte Dumont, Directrice générale du CRAAQ; Mme Michèle Lalancette, Présidente de la FRAQ; M. Simon Dugré, Coordonnateur du CISA et Mme Lucie Veillette, Chargée de projet et chercheure au CISA. Crédit photo: Stéphane Deslauriers, FRAQ.

 -30-

Source : Lucie Veillette, chargée de projets et chercheure au CISA
819 758-6401 poste 2466 | veillette.lucie@cegepvicto.ca

Retour à la liste

Transfert non apparenté : sources de succès

16 août 2016

Par Céline Normandin, Coopérateur

????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????
Crédit photo : iStock

Faire un transfert familial n’est pas une mince tâche. Imaginez alors un transfert mettant en cause deux inconnus! La solution? Ne pas se précipiter et choisir le meilleur partenaire, selon ses valeurs.

Au cours d’une étude sur le transfert de fermes où la relève n’est pas familiale, le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville a identifié plusieurs facteurs de succès rattachés à la démarche.

Pour Lucie Veillette, responsable de la recherche du CISA, les facteurs humains se trouvent au premier plan des conditions de réussite des transferts non apparentés. C’est à ce constat qu’elle est arrivée après avoir étudié une trentaine de cas avec son équipe. Une de ses recommandations s’adresse aux cédants. Elle leur recommande d’amorcer leur réflexion sur le transfert plusieurs années avant la date envisagée pour la retraite, afin d’éviter les situations motivées par l’urgence d’agir.

« Plusieurs essais peuvent être nécessaires avant de trouver le bon repreneur, ce qui implique de s’y prendre d’avance afin de pouvoir reprendre le processus si le candidat n’est pas satisfaisant », ajoute la chercheure.

Des aspects liés au milieu de vie et au cadre de vie sont aussi très importants lorsqu’il est question de jumeler repreneur et cédant autour d’un transfert non apparenté. En agriculture, les sphères personnelle, familiale et professionnelle sont intimement liées. Le lieu de résidence des repreneurs et des cédants, pendant et après le transfert, est donc un aspect à bien préciser, d’autant plus qu’il peut faire intervenir des questions de zonage agricole.

Plusieurs repreneurs en quête d’une ferme attachent ainsi une grande importance à la localisation de leur entreprise, et cela va beaucoup plus loin que les conditions agroclimatiques, les bâtiments et les actifs disponibles, ou encore l’environnement d’affaires. Pour les jeunes familles, le dynamisme de la communauté d’accueil, ainsi que les infrastructures et services de proximité – telles les école, garderie, épicerie, station-service, institution financière – arrivent en tête de liste de leurs préoccupations. Cet aspect doit donc être inclus dès le début des discussions, avant d’aller plus loin dans l’analyse des autres dimensions.

La recherche réalisée au CISA en arrive donc à ce constat : bien que les aspects technico-économiques, financiers, fiscaux et juridiques soient importants, ils ne sont pas les principaux éléments en cause dans les échecs des démarches. Ces éléments concernent l’entreprise et les projets, mais sont influencés par les individus qui les portent. Par exemple, le cédant doit réaliser que le repreneur peut avoir une influence bénéfique pour l’entreprise en exploitant différemment, en mettant en valeur des potentiels inexplorés ou en tirant avantage d’expériences acquises ailleurs et dans d’autres domaines.

Plusieurs autres éléments pourraient aussi augmenter les chances de succès, fait valoir Mme Veillette. Elle mentionne l’importance d’une banque de terres et de fermes à l’échelle provinciale. Dans ce cas, l’accompagnement pour le jumelage des repreneurs et cédants peut accélérer les démarches et faire la différence entre l’échec et la réussite.

La chercheure aimerait aussi voir en place une fiscalité qui encouragerait les cédants à transférer plutôt qu’à démanteler, ainsi que des mesures facilitant l’accès à la terre pour la relève. Elle mentionne d’ailleurs l’importance de renverser le mouvement de déclin des territoires ruraux et agricoles. « Faciliter la reprise d’entreprise, c’est aussi encourager la vitalité agricole et, par conséquent, des régions dynamiques et vivantes. »

Source: Transfert non apparenté : sources de succès

Retour à la liste

Relève non apparentée: les humains avant les chiffres

22 juin 2016

Par Céline Normandin, Coopérateuristock_000004429496medium

Étonnemment, l’aspect économique n’est pas le plus essentiel à considérer dans le cas d’un transfert de ferme où la relève n’est pas de la famille. Ce sont les facteurs humains qui déterminent bien souvent le succès d’une telle entreprise.

Lucie Veillette, chercheuse au Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville, a produit une étude sur des situations de transferts non apparentés afin d’en documenter les conditions de succès et les difficultés.

Selon Mme Veillette, penser uniquement en matière de « transfert » ne fonctionne pas. Pourquoi? Parce que les énergies sont alors mises surtout sur celui qui transfère son entreprise.

Pourtant, pour assurer la pérennité de la ferme, c’est la démarche du repreneur qui est essentielle, d’où l’importance de penser « reprise ». « Cela signifie qu’il faut travailler à soutenir les repreneurs dans leurs parcours d’établissement », indique Mme Veillette.

En contrepartie, plusieurs cédants doivent faire face au deuil de leur entreprise et de leur identité d’agriculteur, fait valoir la chercheure. « Ils ont besoin de soutien pour clarifier leur rôle pendant et après le transfert ou pour envisager de nouveaux projets d’avenir. »

La capacité de renouvellement du cédant est un facteur clé du succès. Il est également important pour celui qui laisse son entreprise de s’ouvrir à de nouvelles valeurs qui interpellent de plus en plus la relève : agriculture plus durable, style de gestion plus participatif, préoccupation pour une meilleure qualité de vie ou une plus grande conciliation travail-famille, par exemple.

Mme Veillette remarque aussi que les compétences liées aux relations interpersonnelles sont un facteur stratégique crucial, tant pour les cédants que pour les repreneurs. « Il faut avoir de l’écoute et de l’ouverture et être en mesure de se remettre en question. Les notions de respect et d’honnêteté ont beaucoup d’importance ». Pour cela, les participants doivent communiquer régulièrement pour éviter les malentendus et partager ce qui leur tient à cœur.

Tous deux doivent réussir à s’entendre et à s’engager sur une direction commune pour l’avenir de l’entreprise et reconnaître les valeurs qui influenceront leur prise de décision.

Cédant et repreneur doivent avoir une réelle volonté de céder ou de reprendre l’entreprise. La prise d’entente formelle, sous forme d’engagement par écrit, par exemple, peut confirmer le sérieux de la démarche.

La dimension familiale est également omniprésente, même s’il s’agit d’un transfert vers une personne en dehors de la famille.

Les repreneurs, leurs conjoints, leurs enfants, leurs parents et beaux-parents, en plus des conjoints et des enfants des cédants, sont impliqués, qu’on le veuille ou non.

Les conflits familiaux et conjugaux sont souvent responsables des échecs, en plus des questionnements sur le patrimoine familial lié à la ferme et aux terres. Par conséquent, l’accompagnement se présente comme un facteur facilitant incontournable.

Source: Relève non apparentée: les humains avant les chiffres

Retour à la liste

Relève non apparentée, avenue à considérer ?

17 juin 2016

Par Céline Normandin – Coopérateur – 25 Mai 2016

93167136-thinkstock

La relève agricole occupe à juste titre de plus en plus de place dans les discussions en agriculture. Toutes les pistes de solutions sont à l’étude. La relève non apparentée pourrait bien être la réponse dans certains cas, selon une étude réalisée par le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville.

La situation de la relève au Québec préoccupe de plus en plus les différents intervenants en agriculture.  Pourquoi? Les raisons sont multiples. Le vieillissement de la population en agriculture est un de ces éléments. Selon Statistique Canada, l’âge moyen des propriétaires de 17 000 exploitations agricoles au Québec, soit 40% des exploitants de la province, se situe à 55 ans.

Les fermes sont de plus en plus grosses et nécessitent un capital de plus en plus important, un frein pour plusieurs jeunes. De plus, des garde fous de l’agriculture, comme le système de quotas, se retrouvent mis à mal par les ententes économiques internationales et mettent en péril les investissements réalisés par les agriculteurs et la relève. Sans être une conséquence directe, plusieurs intervenants témoignent d’une hausse spectaculaire du nombre de fermes mises à l’encan dans les dernières années, particulièrement dans les derniers mois.

La relève au Québec ainsi que le gouvernement ont publié des rapports sur le sujet. Le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) a apporté son grain de sel en étudiant la question sous l’angle de la relève non apparentée, à travers le point de vue des cédants. La recherche a entre autre permis de documenter les besoins et les motivations des agriculteurs, de même que les conditions de réussite de telles opérations.

Lucie Veillette, chargée de projet et chercheuse au CISA, a travaillé sur l’étude. Elle a remarqué que les dynamiques familiales sont au cœur des processus, même dans le cas de transfert non apparentés. Les sphères familiales, sociales et financières s’entremêlent à plusieurs égards.

Mme Veillette a observé que plusieurs personnes ayant décidé de vendre leur ferme par ce moyen n’en était pas à leur premier essai. Ils avaient pour la plupart fait au moins deux tentatives avant de trouver le bon candidat à qui transmettre la ferme, mais parfois trois, quatre ou même cinq essais. Les cédants choisissaient ce moyen parce qu’il n’y avait pas de relève familiale ou que des tentatives avec la relève familiale avaient échoué. Ils désiraient conserver leur patrimoine en opération mais surtout avoir la possibilité de transmettre des connaissances, des savoir-faire et l’amour du métier.

Pour ce qui est de la relève, il s’agit dans bien des cas de jeunes formés en agriculture, issus ou non du milieu agricole, mais sans possibilité de transfert familial. Ils rêvent toutefois de vivre de l’agriculture avec des projets souvent novateurs et dans des secteurs plus nichés et particuliers. Ils recherchent aussi un cadre et un milieu de vie dynamiques où s’établir. Autant pour les cédants que les repreneurs, le transfert non apparenté est une solution dans laquelle repose beaucoup d’espoir.

Source: Le Coopérateur

 

Retour à la liste

Détourner les plastiques agricoles de la poubelle… ou des marchés asiatiques

22 juin 2015

Un autre champ de recherche pour le CISA

VICTORIAVILLE. Comment favoriser, stimuler et améliorer la collecte des plastiques agricoles d’enrobage? Pourraient-ils, un jour, être recyclés dans une usine sylvifranche, québécoise tout au moins, plutôt que de prendre le chemin de la Chine?

Le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du cégep de Victoriaville a organisé, lundi, un atelier de réflexion sur ce sujet, attirant une trentaine de personnes à la salle municipale de Saint-Valère.

Autour des tables de discussions se trouvaient des gens des municipalités, des agriculteurs, des représentants de Gaudreau Environnement, de Gesterra, de la Coop des Bois-Francs, de l’UPA tous collaborateurs au CISA pour ce projet. Recyc-Québec était également représenté.

article_journee consultation

La chargée de projet, Sandrine Ducruc, a campé le contexte en expliquant que la collecte de ces matières plastiques – qui servent notamment à enrober le foin d’ensilage – se frotte à certaines résistances.

D’abord, la collecte de ces plastiques nécessite qu’on les nettoie ou qu’on les secoue avant de les compresser dans un autre grand sac de plastique que l’on place dans un bac vert.

Et c’est d’ailleurs parce qu’ils sont «sales» qu’une usine comme Plastiques Cascades Re-Plast ne veut pas les transformer en planches ou en mobilier urbain dans son usine de Notre-Dame-du-Bon-Conseil.

«Il n’existe aucune usine au Québec qui transforme ces plastiques. C’est pourquoi ils sont vendus sur les marchés asiatiques», note Mme Ducruc.

Elle énumère les autres contraintes à la collecte.

Les producteurs doivent acheter les sacs (95 $ pour un rouleau de 50 sacs) pour y mettre leurs plastiques d’ensilage et payer des frais annuels de 80 $ pour la location du deuxième bac vert et pour la collecte, explique encore Mme Ducruc.

Les manipulations et les coûts peuvent grimper rapidement pour les grandes fermes d’élevage, comme il en existe plusieurs dans la région de Victoriaville, note-t-elle encore.

S’ils ne sont pas récupérés, ces plastiques sont brûlés dégageant des toxines ou enfouis, «ce qui augmente la facture des municipalités qui paient à la tonne», précise la chargée de projet.

Ces «contraintes» elle les a circonscrites à la suite de rencontres avec des agriculteurs, de discussions de groupes, de visites au Centre de tri et dans certaines municipalités rurales.

Elle a également constaté que le manque d’information n’avait rien pour stimuler la collecte. Elle admet qu’il n’existe pas de portrait quantitatif de la participation des agriculteurs à la collecte des plastiques d’enrobage. D’ailleurs, elle n’est pas offerte partout au Québec comme elle l’est ici depuis au moins une dizaine d’années.

Elle ajoute que le recyclage de ces produits ne s’inscrit pas, par ailleurs, en haut de la liste des sujets de préoccupation du gouvernement, comme ont pu l’être les matières dangereuses et le matériel électronique qu’on veut détourner de l’enfouissement.

Toujours selon la chargée de projet, il y aurait certainement moyen de recycler ces matières. «Ces plastiques ont une bonne valeur. Pour qu’une usine puisse les transformer, il lui faudrait pouvoir miser sur du volume.»

Et pour augmenter le volume, on devra améliorer et faciliter la collecte. Le fait de savoir que de récupérer leurs plastiques crée des emplois et de nouveaux produits contribuerait à stimuler les producteurs, d’autant plus si des redevances compensent leurs efforts, laisse entendre Sandrine Ducruc.

On n’en est pas là encore et l’atelier de réflexion constituait la première étape en vue de créer, dans la MRC d’Arthabaska, un projet pilote de collecte.

On peut obtenir plus d’informations auprès de Sandrine Ducruc qu’on peut joindre au téléphone (819 758-6401, poste 2365) ou par courriel (ducruc.sandrine@cegepvicto.ca).

Quelques données *

6257 tonnes La consommation annuelle estimée de plastiques agricoles.

65% Le pourcentage de ces plastiques servant à l’ensilage des plantes fourragères.

*Ces données sont tirées du document de présentation du projet pilote du CISA

Source : http://www.lanouvelle.net/Actualites/2015-06-22/article-4190800/Detourner-les-plastiques-agricoles-de-la-poubelle%26hellip%3B-ou-des-marches-asiatiques/1

article-4190800

Retour à la liste

«Pas si loin» le monde agricole du monde municipal

22 avril 2015

VICTORIAVILLE. Une soixantaine de personnes, des élus municipaux, des intervenants et des producteurs du monde agricole, se sont attablées pendant toute une journée afin de poser les assises du Plan de développement de la zone agricole (PDZA) dont la MRC d’Arthabaska veut se doter.

article_large

De cette journée, Luc Couture, directeur régional du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, en est sorti épaté par l’«état d’esprit» ayant animé les échanges.

On aurait pu s’attendre à ce qu’il y ait une certaine confrontation entre les gens du municipal et les gens de l’agriculture, soutient-il. Mais non, a-t-il observé. Les discussions ont plutôt pris la forme d’un «dialogue» où ces deux mondes réalisent que, finalement, ils ne sont pas si loin l’un de l’autre. «On a mis la table à des relations confiantes et respectueuses.»

Pendant toute la journée, autour de sept tables d’échanges, les participants avaient à établir un ordre de priorités parmi les propositions d’actions émanant de rencontres précédentes.

Chargée de ce projet à la MRC d’Arthabaska, Claudia Proulx rappelle que la MRC a lancé en février 2014 la démarche visant à de se doter d’un PDZA. Il a d’abord fallu rédiger le portrait de la zone agricole, établir un diagnostic, identifier les faiblesses. La sous-utilisation de certaines terres, le manque de relève, le difficile accès à la propriété constituent des enjeux.

Visant le dépôt d’un projet de plan au conseil des maires de la MRC à la fin de l’été ou au début de l’automne, la rencontre de consultation du 21 avril visait à prioriser les actions proposées par un groupe de travail.

La journée a été animée par des gens du Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du cégep de Victoriaville, notamment par son directeur Simon Dugré animateur d’une des tables et deux des chargées de projets, Sandrine Ducruc et Jun Wiao.

article_large 2

Elles ont proposé un mode original, le vote pondéré, afin que les actions retenues à chacune des différentes tables reflètent la tendance générale.

Cette façon de faire, le recours à la contribution du CISA et au dynamisme de ses jeunes a beaucoup plu à Luc Couture. Il a dit qu’on avait trouvé les moyens de rallier les forces vives du milieu afin de soutenir l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Et ces jeunes contribuent à renouveler le leadership, a-t-il ajouté.

Comme l’a souligné Yves Côté, de l’UPA, le PDZA n’est pas une finalité, au contraire. «Et ce sera justement le vrai défi que de mettre tout ça en actions», a renchéri M. Couture.

Au Centre-du-Québec, répond-il, la MRC de L’Érable est encore la seule pour l’instant à détenir son PDZA, qu’elle a confectionné sans subvention. Dans Nicolet, on est à y réfléchir, alors qu’à Bécancour, on s’apprête à «détabletter» le PDZA qu’on avait adopté. Tout est à faire du côté de Drummond.

Aménagiste à la MRC d’Arthabaska, Caroline Marchand s’est réjouie de la participation à la consultation publique…et de la pluie qui tombait ce jour-là. Moins d’agriculteurs auraient été présents s’il avait fait soleil.

Source : http://www.lanouvelle.net/Actualites/2015-04-22/article-4120999/%26laquo%3BPas-si-loin%26raquo%3B-le-monde-agricole-du-monde-municipal/1

article-4120999

Retour à la liste

Agriculteurs sans relève familiale recherchés

14 janvier 2015

Êtes-vous un agriculteur sans relève ? Avez-vous déjà envisagé une relève non familiale ou tenté un transfert de ferme non familial ? Savez-vous comment dénicher le bon candidat ou la bonne candidate à la relève ? Si ces questions vous interpellent, le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) du Cégep de Victoriaville souhaite vous rencontrer dans le cadre d’une recherche qu’il mène sur les transferts de ferme non familiaux en agriculture.

Cette recherche vise à trouver des solutions pour réduire le démantèlement des fermes et pour favoriser l’établissement de la relève non familiale au Québec. En effet, depuis les dernières années, les modes d’établissement de la relève agricole évoluent et les proportions de démarrage d’entreprise et de location d’actifs agricoles par une relève non apparentée sont en hausse.

Une entrevue d’une durée d’environ 1 à 2 heures à domicile est proposée aux agriculteurs intéressés afin de recueillir les expériences et les besoins. Le partage des expériences permettra d’enrichir les connaissances et d’en faire profiter d’autres agriculteurs ou intervenants confrontés à des situations similaires. L’identité des participants et les renseignements personnels fournis seront gardés confidentiels.

Aussi, une banque de fermes provinciale est présentement en développement afin de faciliter le jumelage d’agriculteurs cédants et de candidats à la relève, tant pour la location d’actifs que pour le transfert de fermes. Si vous le souhaitez, il est possible de vous inscrire à cette banque. Les producteurs agricoles intéressés sont invités à communiquer avec Lucie Veillette, chargée de projet au CISA au (819) 758-6401 poste 2366 ou par courriel à l’adresse suivante : veillette.lucie@cegepvicto.ca.

Créé en juin 2009, le Centre d’innovation sociale en agriculture est un centre de recherche établi au Cégep de Victoriaville. Il est le seul centre collégial de transfert technique québécois (CCTT) qui mène des recherches sur les problématiques sociales du monde agricole.

Retour à la liste